Nous voici donc partis du Musée de Salalah : Dhofar Museum, en direction de Mughsayl et vers le Yemen. Nous traversons la ville très étendue, moderne avec une double voie où traînent néanmoins les vaches et les chameaux. Les hommes sont assis dans la rue.

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Les constructions ici sont au maximum de trois ou quatre étages, obligatoirement peintes en blanc ou en ocre, et des dispositions ont été prises pour conserver les maisons anciennes et le passé d'Oman, ici pas de grands buildings comme à Abou Dhabi ou à Dubai, la ville est propre, bien plus propre qu'à Paris.

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Une forme noire attire notre attention, à droite de cette petite épicerie :

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A peine visible au milieu des hommes déchargeant les fruits : la forme noire est une femme !!

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Je n'ai pas réussi à obtenir d'autres explications sur le fait que ces femmes portent cette couleur noire : hormis que c'est la tradition, et que ceci n'a rien à voir avec le Coran, mais plutôt avec la famille qui couvre les filles les plus belles, autrefois bédouines dans le désert, venues en ville après.

Grand moment de circonspection pour moi, malgré mon mois passé à Abou Dhabi.

Quoiqu'il en soit, nous partons donc à Mughsayl, une superbe baie de plages de sable blanc, aux eaux poissonneuses, située à 35 km de Salalah.

Des l'entrée du village, des kilomètres de plages désertes et au fond du paysage : la montagne et les falaises comme en Bretagne, sauf qu'il fait 28 degrés, malgré l'apparence de fraîcheur que peut donner le brouillard.

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Un paysage fantastique à perte de vue, à la mer déchaînée en cette fin de saison de mousson et qui vaut le déplacement.

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Sur le sable gisaient quelques balistres et poisson coffres, je ne sais pas pour quelles raisons, rejetés des filets des pêcheurs ?, mais sûrement pas pour cause de pollution.

Des pics sur le sable au loin attirent notre attention, cette chose je l'avais vu en photo sur notre guide Explorer, sans bien comprendre ce de quoi il s'agissait.

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Des crabes !, des crabes bâtisseurs de pyramides, je ne vois pas d' autres explications.

Tout au fond de la baie, la Marneef cave et une allure de Bretagne que l'on ne s'attend vraiment pas à trouver ici.

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Au fond sur le cote gauche, on aperçoit le village.

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Malheureusement en cette saison tout est fermé et le petit restaurant front de mer aussi.

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Cependant un spectacle amusant se produit régulièrement : celui des quatre trous du souffleurs (blowholes).

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Mughsayl Blowholes Dhofar Oman
Envoyé à l'origine par Janemexique

Nous décidons de continuer notre route et de partir en direction de Rayait Kharfat et de prendre la route de la montagne, qui est excellente et un prodige en soi. Cette route excellente et bitumee, mène à la frontière du Yemen et serpente à travers les montagnes très hautes et spectaculaires.

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Mais au fur et a mesure, de notre montée, la brume s'étend, nous nous arrêtons pour attendre quand arrive un monsieur en voiture qui en fait de même et Francis entame une conversation avec les mains, pour demander si le temps peut s'ameliorer.Le monsieur en question fort sympathique nous apprend qu'il est chamelier, a un troupeau de 50 tetes et s'en va à travers les chemins brumeux récupérer ses bêtes.

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Finalement nous reprenons notre route, après un grand brouillard sur quelques kilomètres apparait un check point militaire auquel il faut présenter ses passeports pour continuer. Soudainement les plateaux sont la, et les villages commencent a apparaître Shaat, Acrorod, Erfit. On voit les enfants jouer au ballon, qui nous invitent a les rejoindre. Dommage mais faute de temps pour redescendre avant la nuit (18h30) nous rebroussons chemin.

En fait la région est plutôt désertique, on voit les boswellia, il ne semble pas y avoir d' hôtel et Rakhuyt est bien plus loin que nous ne l'imaginions, notre carte n'est pas a jour. De plus les pistes sur les côtés de la route principale, qui mènent aux villages nécessitent plutôt un 4X4.

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A la bonne saison, on est supposes voir la mer, quelques regrets quand même, mais un peu de baume au coeur avec ces chameaux galopant sur les plateaux.

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Au retour, sur Raysut :Port Mina Salalah, l'accès du port de commerce nous est refusé, en tournant nous découvrons une jolie plagette sur la zone résidentielle.

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Et tout à côté : le Club Oasis tenu par Cyrille, un sud africain : le refuge des expats et de la Marine Française, où l' on vient boire une bière, regarder le cricket sur un écran géant et dîner fort bien de crevettes masala avant un repos bien mérité.

Finalement, on commence a se dire que trois jours à Salalah, ce n'est peut être pas assez , allez la suite dans les prochains jours.


Renseignements pratiques

Attention la nuit tombe à 18h 30, et le brouillard en saison de Khareef peut faire hésiter, mais le plateau est dégagé après le check point militaire, personnellement nous n'avons pas  été fouillés, juste montré nos passeports. Un 4X4 est utile pour entrer dans les villages de montagne, mais pas pour la route de la côte du Dhofar,  ni pour la route principale du Yemen. Certaines personnes se sont également vu refuser l'accès par l'armée et ce aussi dans la région de Nizwa car pas de roues motrices sur leur 4X4, surtout après les pluies.

La vue sur la côte est impossible en saison de Khareef (mousson du sud de Juin à Septembre). Le Yemen n'est pas conseillé en période de Ramadan, ni dans les mois d'hiver en raison du froid et de la poussière.

La frontiere n'est pas toujours ouverte, parfois en raison d'évenements survenus en cours de voyage qui ne nous sont pas forcémment connus, ainsi en juillet 2005, la frontière Oman Yemen était fermée suite à des rebellions dans le sud du pays, nous n'en savions rien, même en étant sur la région de Dubaî ou d'Abu Dhabi, pas plus qu'à Salalah, ce n'est qu'à notre retour que je l'ai appris, en lisant la presse internationale. J'en déduis que les infos données un jour J, ne sont pas toujours valides le Jour J+1 et qu'une solution de repli doit parfois être envisagée.

On peut également se demander si une autorisation n'est pas nécessaire au départ de Salalah ou du moins s'il n'est pas recommandé ou recommandable de laisser son parcours à l'ambassade ou autre.

On voit souvent des questions sur les transports en commun au départ de Salalah pour le Yemen, mais pour les quelques heures de conduite que nous avons faîtes, je dois dire que l'on n'a pas rencontré un seul bus, à part deux pick ups qui s'arrêtaient dans des villages sur la route, et une voiture de location comme nous. A la fin du Khareef, Salalah et Mughsayil sont très tranquilles, et les montagnes désertes car les hommes partent pêcher les sardines sur la cote.

Donc à moins d'être sur la route des camions proche de la frontière Arabie Saoudite ou Yemen ou bien de trouver une bonne âme à Salalah, en période creuse, il me semble que l'on peut rester sur la route un bon moment à grimper durement, qui plus est dans le brouillard ou sous la pluie voire les deux en période de Khareef.

Je précise qu'il n'y a pas un seul hotel et que les villages étaient bien éloignés les uns des autres, qu'en période creuse et de ramadan cela ne doit pas beaucoup circuler.

Les plateaux déserts me semblent aussi impressionnants quand on est seul.

Par ailleurs, le chamelier que nous avions rencontré sur la route ne parlait pas non plus un seul mot d'anglais et avec beaucoup de signes de mains, nous nous sommes enfin compris au bout de vingt à trente minutes. Lui n'avait aucun problème avec le brouillard, arrivé en 4X4, il enfila son abbaya et parti à pied dans des montagnes plus qu'escarpées et noyées dans le brouillard rassembler son troupeau de chameaux... Au passage, il faut d'ailleurs y faire attention sur la route à ces chameaux..!!!

Des vols intérieurs Yemen Airlines en autres relient certaines villes du Yemen, je ne peux encore ni certifier lesquelles, leur régularité, ni l'état des avions de la ou les compagnies aériennes.

Une certaine hostilité suite à la guerre d'Irak peut être ressentie, les femmes seules ne sont pas très bien perçues non plus. Enfin en période de trouble ou d'élections, des enlèvements de touristes ont parfois lieu( septembre 2006 pour le plus récent).

Contrairement à Oman, le pays n'est pas d'une propreté exemplaire, jonché de tonnes de déchets, ce faute de moyens.

Une pratique religieuse plus fervente peut, si on le peut le dire ainsi, entraîner des retards inattendus pour faire le plein ou se ravitailler. Il faudra donc justement s'attendre à des surprises sans doute, tout comme aussi, faire attention à ses affaires dans les chambres d'hotels, vol ou fouille conscienceuse de la police.

Cela peut vous sembler simple, mais sur les routes, les noms ne correspondent ou parfois aucun panneau n'existe, sont en arabe, ou ils sont alors de consonnance très proche et pourtant ce n'est pas l'endroit où vous pensez être.

Quand on regarde les cartes d'Oman et du Yemen, on se dit que la route offerte par le Sultanat d'Oman doit longer la côte, il n'en est rien, elle monte à pic dans les montagnes et s'éloigne de la mer. La côte yémenite est en fait éloignée de la route Oman Yemen, alors que sur les cartes cela se touche.

Pour info, nous avons essayé à Salalah de continuer par la mer, mais point d'accès, le contrôle de police musclé et de l'armée ? du port de commerce en barre l'accès.

Les noms des villes varient aussi d'une orthographe à l'autre, ainsi on aura Shibam ¨aka¨ Wadi Hadramut ou Hadramaut et Shibam près de Sanaa.

Les infos sont difficiles à recueillir, mais voici deux sites pas récents, mais qui donne une idée de la géographie et des parcours possibles et des découvertes à faire.  Visiblement la conduite peut s'avérer difficile dans certains endroits, et être seul également.

Complètement organisés en expédition avec Avion Sanaa Mukallah Sanaa et tout le tralala

http://www.planetroller.com/article.php3?id_article=287

Seuls en routard moto

http://www.horizonsunlimited.com/forwood/yemen1.shtml

Sans une carte précise de la région, et faute de données disponibles sur Google Earth, j'arrive enfin après de longs mois, à obtenir une idée du parcours pour franchir la frontière Oman Salalah - Yemen.

Il faut donc partir de Salalah en direction de Thumrait, puis Mudayy, ensuite Qafaa et Al Mayzunah Habarut côté Frontière Yemen, laquelle est contrôlée par une base militaire. Une fois franchie la frontière, il faut redescendre par la nouvelle route sur la côte en passant par Hat sur 260 km, pour rejoindre Al Gaydah, gros village de pêcheurs de sardines pour le bétail avec un hotel.

Après pour aller vers Mukallah sur la côte, cela semble se compliquer sérieusement. Les infos datant, j'attends maintenant de découviri si oui ou non les routes sont asphaltées.

=>  une route en sable par la côte via Sayut et non pas Saywun, sur laquelle seuls des 4X4 peuvent circuler et 250km dont 50 de piste de sable.

=> une route en gravier via l'intérieur, et qui passe la distance à 450 km ! c'est aussi la longue route des camions semble t-il et beaucoup d'intersections sans signes, laisse supposer qu'un guide est plus qu'utile. Si l'on regarde la parcours de Peter et Kay qui ont choisi de la prendre sans guide en plus, il semble que le cauchemar commence. Plus de six pistes dans les wadis se dessinent, dont certaines sont si pétrifiées qu'impraticables, des problèmes mécaniques, et aussi des boutiques fermées pendant le Ramadan obligeant sûrement à atteindre la tombée de la nuit.

S'ils ont pu passer sans être ennuyés, par la police, à lire leur parcours en redescendant de Hadramut, il semble en être autrement et que les permis et autres redevances de passage leur soient tombés dessus, il est vrai que les Kalachnikov doivent être assez impressionnantes... Je vous laisse lire la suite de leur récit.

yemenmap

Le Club Oasis  http://www.salalahexpats.com/